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Crise financière : pourquoi le plan Paulson a-t-il été rejeté ?
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Source : Diagnostic Expertise ( 30/09/08 )

Contre toute attente, les parlementaires américains ont refusé de signer la mise en place du plan Paulson.
Stupeur au Congrès et sur les places financières mondiales : les parlementaires américains ont, hier soir, rejeté le plan anti-crise présenté par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson.
Pourtant annoncée en avant-première par tous les observateurs et relayée par l'ensemble des médias, la validation du plan Paulson par le Congrès n'a pas eu lieu. Avec 228 voix contre et seulement 205 voix pour, les parlementaires américains ont donc réduit un peu plus l'espoir de voir la crise se résorber prochainement. Les 700 milliards de dollars que devaient apporter le plan de sauvetage aux marchés financiers auraient pu permettre aux établissements bancaires de repartir sur des bases plus saines en récupérant leurs actifs liés au subprime (prêt immobilier à risque, prêt hypothécaire, etc.) ; pourquoi alors avoir refusé sa mise en application ?
Les causes sont multiples mais toutes essentiellement politiques. Si durant plus d'une semaine les débats ont fait rage au sein de la classe politique américaine, la répartition des courants d'opinions pouvait se définir comme suit : Henry Paulson (secrétaire au Trésor) et Ben Bernanke (président de la Réserve fédérale), épaulés par l'administration Bush face...aux autres. Pour une fois Démocrates et Républicains semblaient faire cause commune en s'insurgeant contre le plan Paulson : les Démocrates rejetant l'idée que les banques soient renflouées grâce à l'argent du contribuable, les Républicains s'indignant quant à l'implication de l'Etat dans le système financier. Leurs leaders respectifs, les candidats Barak Obama et John McCain avaient pourtant appelé à soutenir l'initiative du secrétaire au Trésor.
Si Barak Obama et john McCain ont engagé pour l'occasion une pause dans leurs campagnes électorales (le temps de trouver une solution à cette crise initiée par les dérives du crédit immobilier), il n'en va pas de même pour les parlementaires. En effet, le 04 novembre (l'« Election Day ») verra également, en marge de l'élection présidentielle, se dérouler les élections législatives. Perspective électorale et enjeu de carrière ont donc poussé les parlementaires à écarter un dispositif majoritairement impopulaire.
Si le contribuable américain voit donc s'éloigner le spectre des 2.200 dollars qu'ils auraient dû débourser afin de financer le plan Paulson, hier soir les places boursières accusaient le coup : Wall Street enregistrait une chute historique de 7%. En Asie, Tokyo et Hong Kong dévissaient respectivement de 4,64 et 5,59% alors qu'en Europe Bruxelles plongeait de près de 8% et Londres et Paris de 5%.
Source : Diagnostic Expertise ( 30/09/08 )
Alix Guinet
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